Question : Assalam ‘aleycom

Quels sont les actes d’adoration qu’une femme en état de menstrues peut pratiquer ?

Réponse : Assalamu aleykum

Alhamdulillah, c’est très inspirant de voir que les sœurs sont soucieuses de continuer à pratiquer des actes d’adoration pendant leur cycle menstruel.
Les menstrues ne sont pas une punition. Le Prophète ﷺ a dit à propos des menstrues : « en vérité, c’est une affaire qu’Allah a écrite pour les filles du Prophète Adam (bénédictions d’Allah sur lui)… » [Bukhari]

Ceux qui prétendent que les menstrues sont une sorte de punition, car c’est une période pendant laquelle on ne peut pas pratiquer des actes d’adoration, se trompent gravement. Au contraire, il y a plusieurs formes d’adorations que la femme en état de menstrues peut faire sans pour autant tomber dans les interdictions légalement établies.

Allah dit dans le Coran : « Et quiconque obéit à Allah et à Son messager, et craint Allah et Le redoute… alors, voilà ceux qui récoltent le succès. » [Nur :52]
Allah le Très Haut a ordonné aux femmes en état de menstrues ou de lochies (saignements survenant après l’accouchement) de ne faire ni la prière ni le jeûne rituel. De plus, si une femme en état de menstrues s’exécute avec l’intention de se soumettre au commandement d’Allah, en réalité, pendant toute la période où elle s’abstient de faire la prière et le jeûne rituel, elle adore Allah. Comme l’un de mes professeurs de Damas a dit : « prier en état de pureté est une adoration (ibada) et s’abstenir de prier en état de menstrues est une adoration. Les deux sont des adorations ».
Il n’y a donc rien de terrible ou d’horrible en ce qui concerne les menstrues ou les lochies, mais c’est plutôt l’attitude qu’une personne adopte vis-à-vis de cela qui l’est.

Les actes d’adorations suggérés pendant les menstrues
Ces suggestions s’appliquent aussi aux femmes en état de lochies.

1. Ecouter le Coran
« Le mois de Ramadān au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. »[Baqara :185]
Elle doit écouter le Coran autant que possible, tout en méditant sur son sens profond. Elle doit pleurer à l’écoute du châtiment éternel, espérant qu’Allah la sauvera de ses flammes ardentes. Elle doit ressentir bonheur et joie à l’évocation des abondances du Paradis et désirer qu’Allah la comptera parmi ceux qui seront honorés de ressentir cette béatitude. Si elle ne pleure pas, alors elle doit se forcer à pleurer, permettant à son âme d’exprimer son plaisir immense d’être de ceux qui suivent la vérité et qui sont bien guidés.
Dans le madhab Hanafi, il est interdit de toucher le mushaf (terme arabe désignant le Coran), y compris l’intérieur, les marges de page et sa couverture (s’il est relié au mushaf). Il est aussi interdit de réciter du Coran, ce qui signifie bouger ses lèvres tout en émettant un son. [Ibn Abidin. Radd al-Muhtar] toucher une traduction ou un tafsir du Coran en état de menstrues est un péché.
Il est permit de lire en arabe ou la traduction avec ses yeux, c’est-à-dire via l’écran d’un ordinateur ou un autre appareil électronique. [ibn Abidin. Manhal al-Waridin]. Elle peut aussi lire le Coran dans son cœur.

2. Beaucoup se rappeler Allah (Dhikr)
« … les invocateurs souvent d’Allah et invocatrices : Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense ». [al-Ahzab :35]
Elle doit utiliser tout son temps libre pour exalter le Seigneur des Mondes. De nombreux adhkar qu’une femme peut réciter ont été rapporté. Elle doit se procurer un livre d’invocations (dua) et réciter ces invocations pour fortifier sa relation avec son Seigneur et pour qu’Il la rapprocher de Lui grâce à chaque mot prononcé.
Si l’invocation comprend des versets du Coran, qui sont des invocations, des prières, un rappel ou une protection, il est permit de les réciter en état de menstrues à la condition qu’elle soit lu avec cette intention. [Shurunbulali, Maraqi al-Falah : Tahtawi, Hashiyyat al-Tahtawi]. On peut par exemple lire la Sourate al-Ikhlas, Sourate al-Falaq, Sourate al-Nas, Sourate al-Fatiha et Ayay al-Kursi avec l’intention de dire l’invocation et non de réciter le Coran.
Dans le madhab Hanafi, c’est une recommandation générale pour la femme en état de menstrues de faire ses ablutions (wudu) à l’heure de chaque prière, se placer là où elle a pour habitude de faire ses actes d’adoration et y faire le dhikr le temps qu’elle met en général pour prier afin de ne pas perdre ses habitudes d’adoration alors qu’elle se trouve dans cet état. [Ibn Abidin, Manhal al-Waridin]

3. Prier sur le Prophète ﷺ
Allah dit dans le Coran : « Certes, Allah est Ses Anges prient sur le Prophète; ô vous qui croyez priez sur lui et adresses [lui] vos salutations. » [al-Ahzab :35]
Elle cherche le grand bénéfice des prières (salawat) sur le Prophète ﷺ car c’est un acte qui augmente son amour pour lui. Elle médite sur sa nature et exprime à Allah sa gratitude pour avoir envoyé à l’humanité un si merveilleux exemple de miséricorde et de piété. Il lui tarde de le rencontrer de boire l’eau de son bassin (hawd) au Jour du Jugement. Elle essaie de suivre sa voie et d’imiter son caractère ﷺ.

4. Faire aumône de façon généreuse
Elle doit mettre la main dans la poche et donner tout ce qu’elle peut sans hésitation. Il lui tarde de donner aux gens dans le besoin, et elle remercie Allah de lui avoir accordé la capacité financière d’aider les autres. Elle s’abstient de se faire des éloges pour l’aumône qu’elle a donné, car au contraire, elle le fait par pure soumission au Divin.

5. Etre bon envers les autres, y compris l’époux et les membres de la famille
Elle utilise ce temps pour reconstruire ou améliorer des relations brisées. Elle comble ceux qu’elle aime de paroles et de gestes de gentillesse, de compassion, de considération, de patience et d’amour. Elle n’utilise pas ses menstrues comme « excuse » pour faire du tort aux autres et pour être de mauvaise humeur. Elle pardonne à ceux qui l’ont maltraité ou offensé. Elle prie Allah de lui pardonner si elle fait du tort aux autres. Elle reste en compagnie des gens droits et de ceux qui augmenteront sa piété.

6. Faire des dua pour la oumma
Elle invoque pour toute la oumma et prie pour son pardon, son bien-être et pour qu’Allah la couvre de sa Miséricorde. Elle peut dire une invocation rapportée par le savant al-Khurkhi :
Allahumma Aslih Ummat Muhammad. Allahumma Farrij ‘an Ummat Muhammad. Allahumma Irham Ummat Muhammad
« O Allah, améliore la condition de la communauté de Muhammad. O Allah, allège les fardeaux de la communauté de Muhammad. O Allah, fait miséricorde à la communauté de Muhammad ».
[al-Ashbahani, Riyada al-Abdan]

7. Se repentir abondamment
Elle demande à Allah de lui pardonner, de cacher ses péchés, et de la sauver du feu de l’Enfer. Elle implore le pardon et réalise l’absolue nécessité de Sa Miséricorde. Elle se réveille au milieu de la nuit, même en état de menstrues et se repent au moment où Allah a promis de pardonner.

8. Nourrir les jeûneurs
Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque nourrit un jeûneur (durant le mois de Ramadan) verra ses péchés pardonnés et sera préservé de l’Enfer…» [Sahih ibn Khuzayma ; Sayuti, al-Jami’ al-Kabir : Nayhaqi, Shi’b al-Iman]
Elle reçoit ses proches, ses amis ou des membres de la communauté pour l’iftar. Elle essaie de servir ses invités de la meilleure façon possible tout en évitant l’excès. Elle prend conscience que nourrir les jeûneurs est un acte d’adoration et que ce n’est pas l’occasion de chercher à être complimenté pour sa cuisine ou son hospitalité.

9. Montrer la bonté d’Allah
Elle utilise son temps libre pour aider et assister les autres dans leurs besoins. Elle est un moyen pour eux d’atteindre les avantages de ce grand mois. Elle réveille sa famille la nuit pour accomplir des actes d’adoration et les encourage à faire des actes d’obéissance surérogatoires. Elle sacrifie son temps pour être bénévole au centre de la communauté Islamique ou des associations locales. Elle garde l’enfant d’une mère pour qu’elle puisse prier tarawih. Elle fait tout ce qui est possible pour aider les croyants à exceller dans le bien. Elle évite de regarder et d’écouter ce qui est illicite. A la place, elle dirige ses yeux, ses oreilles et son esprit vers ce qui lui sera bénéfique dans l’Au-delà. Elle assiste aux cours, webinaires et lectures donnés par des savants reconnus, dans l’effort de s’entourer de personnes dont (la pratique de) la religion est sûre. Elle recherche la science utile et a pour objectif d’appliquer ce qu’elle a appris dans sa vie. Elle continue, de façon active, d’approfondir sa compréhension de l’Islam et affirme sa foi à chaque fois que la sagesse de cette grande religion touche son cœur.

Barak Allah fikoum

Naielah Ackbarali

Vérifié et approuvé par Faraz Rabbani