Le fiqh de l’Aïd Al Fitr et de l’Aïd Al Adha, par Ustadha Naielah Ackbalari

Bismi Llahir Rahmanir Rahimi

Le compagnon Anas (qu’Allah l’agrée) a dit : « Le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) migra vers la ville de Médine et vit les gens célébrer deux jours de fête. Il dit « Quels sont ces deux jours ? » Les gens de Médine lui répondirent : « C’était des jours de fête durant l’époque préislamique (la Jahiliyya) » Il dit alors : « En vérité, Allah a replacé ces deux jours d’une meilleure manière pour vous : le jour d’Al Adha et le jour d’Al Fitr. » [Rapporté par Abu Dawud]

Après plus de réflexion concernant le sens et les actions autour de Aïd Al Fitr et Aid Al Adha, la profondeur des propos du Prophète est d’une réalité saisissante. Ces deux jours ne sont pas des « vacances » dans le sens où les musulmans prennent « congé » des adorations, mais ils sont une opportunité de plus pour le croyant d’exceller dans la dévotion et de se réjouir dans l’invocation du Seigneur de l’Univers. Il y’a un message stimulant et une forte motivation spirituelle derrière chacun de ces jours car ils marquent tous les deux la commémoration d’un grand acte d’adoration.

Aïd al Fitr est un moment de fête qui suit un mois d’abstention de satisfaction des désirs humains du matin au soir en dehors de la pure soumission à Allah. Aïd Al Adha a lieu après le jout de ‘Arafat, qui est le jour le plus significatif du pèlerinage (Al Hajj). C’est un jour plein d’adoration, de repentir, d’invocation et de pardon. Un jour que chaque musulman désire ardemment vivre au moins une fois dans sa vie.

Le sacrifice de Aïd al Adha représente également l’énorme acte d’obéissance accompli par le Prophète Ibrahim (que la bénédiction d’Allah soit sur lui) qui était prêt à sacrifier son propre fils bien aimé pour l’amour de son Seigneur. Après avoir montré sa conviction inébranlable en l’ordre d’Allah, Allah remplaça le fils du Prophète Ibrahim par un animal à tuer à sa place. C’est la raison pour laquelle les musulmans sacrifient pour Aïd Al Adha. C’est un effort fait dans le but de rappeler la force de la soumission dont le meilleur Prophète était un exemple pour l’humanité.

Ces deux jours sont dépourvus des préjudices du consumérisme et des cadeaux égoïstes. Au lieu de cela, ils remplacent la « saison » des vacances par l’aumône aux pauvres et du temps libre passé avec la communauté tout entière. Pour Aïd Al Fitr, il ya une aumône obligatoire à donner aux pauvres parmi ceux qui remplissent certaines conditions, et cela reste une recommandation globale pour chacun de donner l’aumône au-delà de leurs habitudes. Pour Aïd al Adha, la même recommandation de l’aumône reste en plus du partage d’un tiers de la viande sacrifiée de chacun avec les pauvres et d’inviter des frères et sœurs en Allah avec un autre tiers de l’animal. On est encouragés à montrer sa joie aux autres et remercier Allah pour tous les bienfaits qu’Il nous a accordé.

Sans parler du fait que ces deux fêtes débutent avec un acte d’adoration, qui est la prière commune obligatoire, duquel les détails sont définis plus bas pour les serviteurs d’Allah qui cherchent à célébrer les deux meilleurs jours de fête accordés à l’humanité.

Quels sont les deux fêtes de l’Aïd que les musulmans fêtent ?

Les deux jours de Aïd que les musulmans célèbrent sont Aïd al Fitr (Le 1er Shawwal), qui suit le mois de Ramadan, et Aïd al Adha (10 de Dhul Hijjah) qui suit le jour de ‘Arafa. Les trois jours suivant Aïd al Adha sont appelés les jours de tashriq (11,12 et 13 de Dhul Hijjah).

Qui doit assister à la prière en commun de l’Aïd ?

La prière en commun est obligatoire (wajib) pour les mêmes personnes qui sont obligées d’assister à la prière en commun du vendredi (Jumu’a). Ces personnes sont:

  • Homme adulte et doué de raison, ce qui exclut les femmes et les enfants
  • Les résidents, ce qui exclut les voyageurs
  • Ceux en bonne santé, ce qui exclut les véritables malades.

A noter que si les femmes, les enfants, les voyageurs et les malades assistent à la prière de l’Aïd, ils sont récompensés pour cela. Le point susmentionné montre simplement qu’il ne leur est pas obligatoire d’y assister, ce qui signifie qu’ils ne commettent pas de péché en manquant la prière.

 [Shurunbulali, Maraqi al-Falah; Ala al-Din Abidin, al-Hadiyya al-Alaiyya; Shurunbulali, Imdad al-Fattah]

Quand est accomplie la prière de l’Aïd Al Fitr ?

La prière de l’Aïd al Fitr peut être accomplie à n’importe quel moment après le lever complet du soleil et avant l’entrée du temps de la prière  de Dhuhr du jour de l’AÏd (1er Shawwal).

  • Elle ne peut pas être retardée au delà de ce jour sans excuse compatible avec la shari’ah.
  • Si une excuse est présente, la prière peut seulement être accomplie le jour d’après (2 de Shawwal) pendant la période susmentionnée. Après cela, elle ne peut plus être accomplie.
  • Si une excuse n’est pas présente, la prière n’est pas valide si elle est reportée au jour suivant.

[al-Maydani, al-Lubab; Shurunbulali, Imdad al-Fattah]

Quand est accomplie la prière de l’AÏd Al Adha ?

La prière de l’Aïd al Fitr peut être accomplie à n’importe quel moment après le lever complet du soleil et avant l’entrée du temps de la prière  de Dhuhr du jour de l’AÏd (10 de Dhul Hijjah)

  • Elle ne peut pas être retardée au delà de ce jour sans excuse compatible avec la shari’ah.
  • Si une excuse est présente, la prière peut seulement être accomplie le jour d’après (11 de Dhul Hijjah) pendant la période susmentionnée. Après cela, elle ne peut plus être accomplie.
  • Si une excuse n’est pas présente, il est encore valide de reporter la prière au 12 de Dhul Hijjah, mais cela est déconseillé. Après cela, elle ne peut plus être accomplie.

[al-Maydani, al-Lubab; Shurunbulali, Imdad al-Fattah]

La prière de l’Aïd peut-elle être retardée pour un court moment ?

Le Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) a dit: « Hâtez vous pour [salat] Al Adha et retardez [salat] Al Fitr » [Al Bayhaqi]

Il est donc recommandé à l’Imam de retarder le début de Salat al Aïd al Fitr pendant une courte période et de se hâter de prier Salat al Aïd al Adha. [Tahtawi, Hashiyyat al-Tahtawi]

Qu’en est t-il si un Imam prie Salat al Aïd pendant un moment interdit ?

Si une Salat al Aïd est accomplie avant le lever complet du soleil, alors la prière ne compte pas comme la prière de l’Aïd. Elle compte plutôt comme une prière surérogatoire et il commet un péché en priant pendant un moment interdit. [Shurunbulali, Maraqi al-Falah; Shurunbulali, Imdad al-Fattah; al-Haskafi, Durr al-Mukhtar]

Si, pendant la prière de l’Aïd, le soleil atteint le zénith, alors la prière ne compte pas comme la prière de l’Aïd. Elle compte plutôt comme une prière surérogatoire et il commet un péché en priant pendant un moment interdit. [Ala al-Din Abidin, al-Hadiyya al-Alaiyya; al-Haskafi, Durr al-Mukhtar]

Est ce qu’un sermon (khutba) est prononcé pour la prière de l’Aïd ?

C’est une Sunna pour l’Imam de prononcer deux courts sermons après l’accomplissement de la prière de l’Aïd. Il est permis de le prononcer avant Salat Al Aïd, mais cela est à délaisser car contraire à la Sunna. Si l’Imam ne prononce pas du tout de sermon, la prière de l’Aïd est toujours valide mais cela est à délaisser car contraire à la Sunna. [Shurunbulali, Maraqi al-Falah; Shurunbulali, Imdad al-Fattah; Tahtawi, Hashiyyat al-Tahtawi]

Pendant le sermon de l’Aïd al Fitr, l’Imam rappelle à la communautés les règles de Zakat Al Fitr. Pour Aïd al Adha, l’imam enseigne à la communauté les règles du sacrifice de l’animal et les invocations à dire le jour de tashriq. [Shurunbulali, Maraqi al-Falah; Ala al-Din Abidin, al-Hadiyya al-Alaiyya]

Certains savants précisent que l’Imam devrait enseigner les règles du takbir at tashriq pendant la prière de Jumu’a la semaine précédant la prière de l’Aïd, parce qu’il devient wajib de prononcer le takbir at tashriq avant d’accomplir la prière de l’Aïd al Adha ( à partir de la prière du Fajr du jour de ‘Arafa) [Shurunbulali, Maraqi al-Falah; Shurunbulali, Imdad al-Fattah]  Les détails concernant le takbir at tashriq sont expliqués plus bas.

Il est obligatoire (wajib) pour les fidèles d’écouter le sermon du Aïd, et tout ce qui est déconseillé pendant le sermon du vendredi est déconseillé pendant le sermon du Aïd. [al-Haskafi, Durr al-Mukhtar]

Les deux prières de l’Aïd sont composées de seulement 2 cycles de prière (rak’ats). Il est obligatoire (wajib) pour l’Imam et les fidèles de prononcer lefs takbirs spécifiques au Aïd pour les deux prières.

Pour accomplir la prière en tant qu’Imam, on :

  • Fait l’intention dans son coeur d’être le dirigeant de Salat Al Aïd
  • Prononce le takbir d’entrée pour commencer la prière
  • Prononce la dou’a d’ouverture silencieusement dans sa tête
  • Prononce les 3 takbirs spécifiques au Aïd (Allahu akbar)

Pour chaque takbir, on lève ses mains comme au takbir d’ouverture de la prière, dit le takbir à haute voix, replace ses mains sur ses côtés, et s’arrête pendant un court moment avant de procéder au takbir suivant.

Après le troisième et dernier takbir, il place ses deux mains ensemble, la droite sur la gauche, sous le nombril.

  • cherche refuge contre Satan et récite « Bismi Llahi Rahmani Rahim » doucement.
  • récite sourate Al Fatiha et une autre sourate à voix haute. Il est recommandé de réciter sourate Al A’la ( 87) en entier.
  • dit  »Allahu akbar » en s’inclinant et complète la rak’a comme d’habitude. On ne lève pas ses mains lorsqu’on dit  »Allahu akbar » en s’inclinant et en se prosternant.
  • Dans la deuxième rak’a, on récite « Bismi Llahir Rahmanir Rahimi » doucement, après s’être levé de la prosternation
  • On récite Al Fatiha et une autre sourate. Il est recommandé de réciter Sourate al Ghashiya (88)
  • On prononce 3 takbirs (Allahu akbar)

Pour chaque takbir, on lève ses mains comme au takbir d’ouverture de la prière, dit le takbir à haute voix, replace ses mains sur ses côtés, et s’arrête pendant un court moment avant de procéder au takbir suivant.

Après le troisième et dernier takbir, on place ses bras sur ses côtés.

Il est permis de prononcer ces takbirs avant de réciter le Qu’an pendant la deuxième rak’a. La divergence sur ce sujet porte sur l’optimisation de la prière et non sa validité.

  • On dit la sunna « Allahou akbar en s’inclinant et on complète la rak’a comme d’habitude.  On ne lève pas les mains en disant « Allahu Akbar » lorsqu’on s’incline et se prosterne.
  • On s’assoit pour le tashahud, prononce les bénédictions sur le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui), et on dit les deux salams finaux.

[Shurunbulali, Maraqi al-Falah; Ala al-Din Abidin, al-Hadiyya al-Alaiyya; Shurunbulali, Imdad al-Fattah; Tahtawi, Hashiyyat al-Tahtawi; al-Haskafi, Durr al-Mukhtar]

Pour effectuer la prière en tant que suiveur [de l’imam] :

  1. On doit avoir l’intention dans son cœur pour effectuer la prière de l’Aïd en tant que suiveur de l’Imam. Il est recommandé de formuler l’intention avec la langue. 
  2. On doit faire le takbir d’ouverture (Allahou Akbar) avec l’Imam.
  3. On doit réciter l’invocation d’ouverture à voix basse.
  4. On doit faire trois takbirs supplémentaires (Allahou Akbar) avec l’imam. Pour chaque takbir supplémentaire, on lève les mains comme pour le takbir d’ouverture, on doit le faire à voix haute avec l’Imam, puis on doit replacer ses mains pendant un court instant avant de poursuivre avec les autres takbirs. Pour l’homme, après le troisième et dernier takbir, il convient de placer ses mains, la droite sur la gauche en dessous du nombril. La femme quant à elle, posera ses mains sur sa poitrine.
  5. On doit écouter l’imam [sans rien dire] réciter la Fatiha et une sourate supplémentaire.
  6. On doit pratiquer la sunna consistant à dire ‘Allahu Akbar’ dans chaque position de la prière et dans les salutations finales, et il convient de compléter une unité de prière de la manière habituelle. On ne lève pas les mains en disant « Allahu Akbar » lorsqu’on s’incline et se prosterne.
  7. Dans la deuxième unité de prière (raka’), on écoute l’imam [sans rien dire] réciter la Fatiha et une sourate supplémentaire sur debout de prostration.
  8. On doit faire trois takbirs supplémentaires (Allahou Akbar) avec l’imam. Pour chaque takbir supplémentaire, on lève les mains comme pour le takbir d’ouverture, on doit le faire à voix haute avec l’Imam, puis on doit replacer ses mains pendant un court instant avant de poursuivre avec les autres takbirs. Après le troisième et dernier takbir, et une fois avoir placé les mains, l’une sur l’autre.
  9. On dit ‘Allahu Akbar’ en s’inclinant avec l’Imam et on achève le cycle de prière (raka ‘) comme d’habitude. On ne lève pas les mains en disant « Allahu Akbar », de même lorsqu’on s’incline et se prosterne. 
  10. On s’asseoit pour la tashahud, puis on récite les bénédictions sur le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), et enfin on fait les deux salam finals avec l’imam.

[Shurunbulali, Maraqi al-Falah; Ala al-Din Abidin, al-Hadiyya al-Alaiyya; Shurunbulali, Imdad al-Fattah; Quduri, al-Kitab; Tahtawi, al-Tahtawi Hashiyyat; al-Haskafi, Durr al-Mukhtar]

Que faire si l’Imam Prononce Plus de trois takbirs ?

On doit se contenter de suivre l’imam en ce qui concerne le nombre de takbirs. On peut le suivre jusqu’à 16 takbirs. [Shurunbulali, Maraqi al-Falah]. La pratique de la sunna a été rapporté de différentes manières, et la différence entre les écoles de jurisprudence à ce sujet est une question de possibilité et non de validité. [Tahtawi; Hashiyyat al-Tahtawi]

Qu’en est-il si l’imam oublie de prononcer les takbirs spécifiques au Aïd ?

Si l’imam s’incline avant de prononcer les takbirs spécifiques au Aïd, alors il les prononces pendant la position d’inclinaison. Il ne retourne pas a la position debout pour les prononcer, mais s’il le fait, la prière est toujours valide. [Tahtawi; Hashiyyat al-Tahtawi]

Qu’en est-il si un fidèle rejoint la prière de l’Aïd en retard ?

Toute personne qui rejoint Salat al Aïd en retard doit d’abord prononcer les takbirs spécifiques à l’Aïd qui ont été manqués avec l’Imam. Il y’a plusieurs scénarios possibles.

Scénario A: Si l’un rejoint le cycle de prière (rak’a) après que l’Imam ait prononcé les takbirs spécifiques mais qu’il est encore debout en récitation, alors il:

  1. prononce le takbir de début de prière
  2. reste debout et prononce les takbirs spécifiques

Scénario B: Si l’un rejoint le premier cycle de prière (rak’a) pendant que l’imam est incliné (ruku’) et qu’il ne craint pas de rater l’inclinaison avec l’imam, alors il:

  1. prononce le takbir de début de prière
  2. reste debout et prononce les takbirs spécifiques
  3. rejoint l’imam dans la position d’inclinaison

Scénario C: Si l’un rejoint le premier cycle de prière (rak’a) pendant que l’imam est incliné (ruku’) et qu’il craint de rater l’inclinaison avec l’imam, alors il:

  1. prononce le takbir de début de prière
  2. s’incline avec l’imam, et
  3. prononce les takbirs spécifiques au Aïd pendant l’inclinaison, avant de prononcer les invocations de ruku’ et sans lever les mains.

Scénario D: Si l’un rejoint le premier cycle de prière (rak’a) après que l’imam se soit incliné ou rejoint la deuxième rak’a, alors après que l’imam ait prononcé le salam final, il ratrappe la première rak’a manquée. Pour cela, il:

  1. se lève
  2. récite la Fatiha et une courte sourate
  3. prononce les takbir spécifiques aux Aïd

La raison pour laquelle il récite le Quran avant les takbirs dans cette situation est due au fait qu’aucun des Compagnons (qu’Allah les agrée tous) ne l’a relaté différemment.

[Shurunbulali, Maraqi al-Falah; Ala al-Din Abidin, al-Hadiyya al-Alaiyya; Shurunbulali, Imdad al-Fattah; Quduri, al-Kitab; Tahtawi, Hashiyyat al-Tahtawi; al-Haskafi, Durr al-Mukhtar]

Peut-on accomplir le Tayyammum (ablutions sèches) pour Salat al Aïd ?

Oui, si quelqu’un craint d’être occupé avec les ablutions et de rater la prière en commun de l’Aïd, il peut se rabattre au tayyamum. Ces règles s’appliquent sur celui qui accomplit la prière dans une ville et qui n’est pas malade. [al-Maydani, al-Lubab]

C’est une exception à la règle générale oblige normalement de faire les ablutions lorsque l’on dispose de suffisamment d’eau. La raison de cette permission du tayyamoum dans ces circonstances est due au fait que les prières de l’Aïd ne peuvent pas être rattrapées si elles sont ratées. Ces règles ne s’appliquent pas à la prière du vendredi ou à d’autres prières. [ibid]

Qu’en est-il si quelqu’un rate Salat al Aïd? Peut on accomplir seul cette prière ?

Non, Salat al Aïd est uniquement accomplie en congrégation. [Ala al-Din Abidin, al-Hadiyya al-Alaiyya]

Si quelqu’un rate la prière de l’Aïd, il ne la ratrappe pas. De même, si quelqu’un rejoint la prière mais pour telle raison sa prière devient invalide, il ne peut pas la ratrapper. [ibid]

Pour ceux qui ont raté Salat al Aïd, il est recommandé de prier la prière surérogatoire de Doha avec 4 rak’aas. Cela a été relaté par le compagnon Ibn Mas’ud (qu’Allah l’agrée). [Shurunbulali, Maraqi al-Falah]

S’il lui imcombait d’y assister, alors il doit se repentir pour avoir manqué une prière obligatoire (wajib).

Quelle est la difference entre L’Aïd al-Adha et l’Aïd al-Fitr ?

La prière et les recommandations pour l’Aïd al-Fitr et l’Aïd al-Adha sont les mêmes sauf pour :

  1. Un délai pour manger après l’Aïd al-Adha alors que pour l’Aïd al-Fitr il est recommandé de manger avant la prière de l’Aïd
  2. On dit « Allahu Akbar à haute voix quand on se rend à la mosquée pour la prière de l’Aïd al-Adha, alors que pour l’Aïd al-Fitr il est recommandé de se le dire tranquillement.
  3. Il n’y a pas de sadaqat al-Fitr, plûtot on sacrifie un animal si on a les moyens financiers.

Quelles sont les recommandations pour le jour de l’Aïd ?

  1. Se lever tôt, de préférence avant le Fajr ou à l’entrée du Fajr
  2. Prier le Fajr en groupe à la mosquée
  3. Manger quelque chose de sucré après la prière de Fajr avant d’aller à la prière de l’Aïd
  4. Faire le ghusl avant la prière de l’Aïd, même pour une personne qui n’assiste pas à la prière
  5. De nettoyer ses dents avec un siwak ou un objet similaire autant que possible
  6. De porter du parfum (les femmes ne doivent pas mettre un parfum fort en dehors de leurs maisons)
  7. De porter le meilleur de ses vêtements, qui consiste à être le plus beau, propre ou nouveaux vêtements, même s’il n’est pas blanc
  8. De faire le bien et d’être joyeux, remerciants Allah pour ses bénédictions
  9. De sourire et de propager le bonheur quand on rencontre les autres
  10. De donner beaucoup de sadaqa, plus que d’habitude
  11. De se diriger soi-même à l’endroit de la prière de l’Aïd, en disant ‘’Allahu Akbar’’ tranquillement à soi-même et d’arrêter quand l’imam commence la prière de l’Aïd
  12. D’aller à l’endroit de la prière à pieds
  13. De payer la sadaqat al-fitr (zakat al-fitr) si c’est nécessaire pour soi de le faire
  14. D’arriver tôt à l’endroit de la prière de l’Aïd et alors prier à la première ligne
  15. De repartir dans une direction différente de celle de l’aller après l’accomplissement de la prière de l’Aïd

[Shurunbulali, Maraqi al-Falah; Ala al-Din Abidin, al-Hadiyya al-Alaiyya; Shurunbulali, Imdad al-Fattah; al-Haskafi, Durr al-Mukhtar

Qu’est-ce qu’il est déconseillé de faire le jour de l’Aïd ?

  1. D’accomplir des prières surérogatoires (nafl) avant la prière de l’Aïd dans le temps de la prière de l’Aïd ou à la maison.
  2. D’accomplir des prières surérogatoires (nafl) après la prière de l’Aïd dans le temps de la prière de l’Aïd, mais prier celle-ci à la maison n’est pas déconseillé.
  3. De jeuner (c’est makruh tahriman et si on le fait on est pecheur ; on doit rompre le jeune) [Shurunbulali, Maraqi al-Falah; Ala al-Din Abidin, al-Hadiyya al-Alaiyya; Shurunbulali, Imdad al-Fattah]

Qu’est ce que le takbir at tashriq ?

Allah le Très Haut dit dans le Quran: « Invoquez Allah pendant un nombre de jours déterminés.. » [Baqara: 203] Les exégètes du Qur’an expliquent que le  »nombre de jours déterminés » fait référence aux jours de tashriq [Shurunbulali, Imdad al-Fattah].

Le takbir at tashriq est une invocation prononcée une fois, à voix haute, immédiatement après avoir accompli chaque prière à partir du Fajr le jour de’ ‘Arafa (9 de Dhul Hijja) jusqu’au Asr du 13 de Dhul Hijjah, 5 jours plus tard. Cela équivaut à 23 prières: 5 du 9 au 12, ce qui en fait 20, et 3 le 13. Cela inclut la prière de Jumu’a si elle tombe pendant ces jours.

Le takbir al-tashriq n’est pas prononcé pour les prières surrérogatoire (nafl), ni la prière du witr ou celle de janaza. Il n’y a pas de mal à les dire après les deux prières de l’Aïd. [Shurunbulali, Maraqi al-Falah ;Ala al-Din Abidin, al-Hadiyya al-Alaiyya ; Shurunbulali, Imdad al-Fattah]

Qui doit dire le Takbir al-Tashriq ?

L’école hanafite suit la position des deux compagnons de l’Imam Abou Hanifa, Abu Yusuf et Muhammad, dans cette question car c’est plus prudent. En accord avec les deux compagnons, psalmodier le takbir al-tashriq est obligatoire (wajib) sur tous les hommes et toutes les femmes qui accomplissent la prière obligatoire dans ces jours, peu importe si :

– Il s’agit de l’imam

– Il s’agit de quelqu’un qui suit l’imam dans une prière en groupe

– Il s’agit d’un retardataire dans une prière en groupe

– L’imam oublie de les dire après la prière en groupe

– On prie seul

– On est en train de voyager

– On est résident dans une ville

[Shurunbulali, Maraqi al-Falah ; Ala al-Din Abidin, al-Hadiyya al-Alaiyya ; Shurunbulali Imdad al-Fattah ; al-Haskafi, Durr al-Mukhtar]

Comment dit-on le Takbir al-Tashriq ?

On dit au moins une fois à voix haute, après chaque prière obligatoire : ‘Allahu Akbar. Allahu Akbar. La ilaha illa Llah. Wa Llahu Akbar. Allah Akbar. Wa liLlahil-Hamd.’ ‘Allah est le Plus Grand, Allah est le Plus Grand. Il n’y a de divinité sauf Allah. Et Allah est le Plus Grand, Allah est le Plus Grand, et toutes les louanges sont à Allah.

’ Les femmes peuvent dire le takbir al-tashriq d’une voix douce et non forte. Il est optimal de dire le takbir al-tashriq plus d’une fois selon l’Imam al-`Ayni. [Shurunbulali, Maraqi al-Falah ; Ala al-Din Abidin, al-Hadiyya al-Alaiyya ; Shurunbulali Imdad al-Fattah ; al-Haskafi, Durr al-Mukhtar]

Que faire si on ne dit pas les Takbir immédiatement après la prière ?

Il est obligatoire (wajib) de faire les takbir immédiatement après les salutations finales dans les prières obligatoires. Si on parle par négligence ou par oublie, ou on perd ses ablutions, ou on fait des actions complètement étrangers à la prière, on a manqué le wajib. [Ibn `Abidin, Radd al-Muhtar]