As Salam Aleykoum Wa rahmatullahi Wa barakatu,

Voici le deuxième article portant sur les manipulations des Wahhabites (salafis). Il est tiré de l’œuvre de Ibn Hajar Al Asqalani et concerne une nouvelle fois Ibn Al-‘Izz. Celui-ci prouve une nouvelle fois qu’il avait une Aqida très proche des anthropomorphistes et une Aqida contraire à la Aqida Tahawiyya dont il fait pourtant le commentaire..

Pour une meilleure lecture, nous nous sommes permis d’ajouter quelques informations complémentaires entre parenthèses, afin de rendre le contexte de l’auteur plus compréhensible.

L’histoire de l’épreuve d’Ibn Al-‘Izz « Al-Hanafi » à Damas

Dans son livre Inba Al-Ghamr, Al-Hafiz ibn Hajar (al asqani) dit au regard des évènements de l’an 784 AH :

Cette année, les poursuites judiciaires contre Ibn Al-‘Izz Al-Hanafi ont eu lieu à Damas, et cela a commencé lorsque l’écrivain ‘Ali Ibn Aybak Al-Safadi1 écrivit un poème sur le lâm qâfiyah2 conformément à l’œuvre de Banat Su’ad. Il l’a ensuite présenté aux écrivains et savants qui finirent par le recommander. Parmi eux se trouvait Ibn-‘Izz Al-Hanafi, qui a alors critiqué son contenu. En apprenant cela, ‘Ali Ibn Aybak fut très offensé.

Ibn Al-‘Izz Al-Hanafi a montré son exposé (sa critique) aux différents savants et la plupart d’entre eux s’en sont désavoués.

Cette histoire c’est répandue et Ibn Aybak a demandé que lui soit remis ce document en échange de quelque chose (il semblerait qu’il s’agisse d’argent), mais Ibn Al-‘Izz a refusé. Il (ibn Aybak) a ensuite consulté les savants et écrivains qui s’étaient désavoués d’Ibn ‘Izz dans le but de les retourner contre lui. Cette histoire continua à se répandre, au point ou en parlera jusqu’en Egypte. Certains bigots prirent part à la propagation jusqu’à ce que cette histoire atteigne également le Sultan qui a ainsi écrit un long décret qui stipulait : « Il nous est parvenu que ‘Ali Ibn Aybak a loué le Prophète, que la paix et le salut d’Allah soit sur lui, dans un poème et Ibn Al-‘Izz l’a contesté et s’est désavoué de certaines parties du contenu, en incluant le tawassul avec le Prophète, que la paix et le salut d’Allah soit sur lui, ainsi que la dépréciation de son infaillibilité et d’autres choses encore; et les Savants d’Egypte, en particulier ceux de son madhab, à savoir les hanafites, se sont désavoués de lui. »

Il a procédé à sa demande et a appelé les juges et savants des madhahib (écoles) pour travailler avec lui selon ce que la loi requiert en termes de sanction et de tout autre chose. Le décret stipulait aussi : « Il nous est parvenu qu’un groupe à Damas suivait le madhab de Ibn Hazm et Daoud et ils ont aussi été appelés, parmi eux se trouvaient Al-Qurashi, Ibn Al-Ja’i, Al-Husbani et Al-Yasufi ».

Cette demande fut mise en avant et il a été décidé à leur encontre (ceux cités ci-dessus) qu’ils avaient fait une chose nécessitant qu’ils soient fouettés, exilés ou amputés d’un de leurs membres. Leurs dires ont donc été retenus contre eux par d’autres parmi l’orthodoxie musulmane. Le décret incluait également : « Il nous est parvenu qu’un groupe de Shafi’is, Hanbalites et Malikis avaient commis des innovations (bida’a) ainsi que certains du madhab d’Ibn Taymiya, et d’autres du madhab zahiri déjà mentionnés (plus haut) ». Le juge adjoint ainsi que d’autres personnes ont été convoqué et pour la première fois, les juges, leurs adjoints et certains muftis étaient présents et le décret a été lu devant eux.

Ce qu’Ibn Al-Izz avait écrit a été amené et ses paroles furent les suivantes :

« Allah me suffit. C’est seulement dit par Allah » (pour nier et interdire le tawassul)

« Intercède pour moi », l’intercession ne lui (Mouhammad saw) est pas demandée ».

« J’ai fait le tawassul avec toi (le Prophète saw) » et il a dit : « le Tawassul n’est pas fait par lui ».

« Il est divinement protégé de l’erreur » il a dit : « Sauf l’erreur de la réprimande ».

« Ô meilleur des créations » et il a dit « il est préférable de dire ça des anges », et d’autres exemples (non cités).

Il a été interrogé (pour confirmation) et il a admis (avoir fait les déclarations ci-dessus). Puis il a déclaré : « Je suis revenu dessus (sur ces écrits) et maintenant j’ai un avis différent de ce que j’ai initialement émis ». Ce qu’il a dit à ce moment-là a été écrit puis les gens se dispersèrent. Le reste des savants ont également été convoqués et ont assisté à un deuxième rassemblement. Le juge était aussi présent. Parmi les autres personnes présentes se trouvaient : Al-Qadi Shams Al-Dîn Al-arkhadī, Al-Qadi Sharaf Al-Din Al-Sharīsī, Al-Qadi Shihab al-Dîn Al-Zuhri et beaucoup d’autres. Le discours fut répété une nouvelle fois et certains d’entre eux ont dit : « Il devrait être sanctionné » et d’autres disaient : « Ses paroles relatives à son premier avis (avant de changer) sont suffisantes pour punir quelqu’un comme lui ».

Le juge Hanbali a dit : « Pour moi, cela est suffisant pour punir quelqu’un comme lui ». Ils se sont dispersés et ont ensuite convoqués un troisième groupe, et ceux qui hésitaient ont également été convoqué, et leur nombre avaient diminué.

Le juge Shāfi’ī était présent, avec d’autres personnes qui étaient absentes lors des dernières convocations : Amīn Al-Dîn Al-Atqa, Burhān Al-Dîn Ibn Al-sanhaji, Shams Al-Dîn Ibn’Abid Al-Hanbali, ainsi que d’autres groupes. Ils ont également discuté de la question, puis se sont dispersés et ont été convoqué de nouveau. L’affaire s’est intensifiée pour ceux qui avaient des doutes et pour les absents, afin qu’ils puissent assister au procès, et parmi les personnes présentes il y avait : Saad Al-Dîn Al-Nawawi, Jamal Al-Din Al-Kurdi, Sharaf Al-Din Al-Ghazi, Zayn Al Dîn Ibn Rajab, Taqi Al-Dîn Ibn Muflih, avec son frère, et Shihab al-Dîn Ibn Haji.

Ainsi, lesdits savants ont blâmé successivement Ibn al’Izz pour la majorité de ses paroles. Ensuite, ils ont été interrogés (l’ensemble des grands savants présents) sur la question de ceux qui étaient affiliés à l’école zahiri et avec celle de Ibn Taymiya. Ils ont tous répondu qu’ils ne connaissaient bien sûr que ceux qui ont été nommés (les accusés) en fonction de leur croyance, tandis que Ibn Muflih s’abstenait en ce qui concerne certains accusés (considérant que leur aqida était mauvaise). Ensuite, ils se sont réunis pour la cinquième fois et ont tous convenu que Ibn Al-Izz devait être puni, à l’exception « du juge » Hanbali. On a demandé à Ibn Al-Izz ce qu’il voulait dire par ses propos, ce à quoi il répondit : « Je voulais seulement exalter le Prophète, que la paix et le salut d’Allah soit sur lui, et obéir à son commandement et ne pas lui donner plus que son dû ».

Ainsi, Al-Qadi Shihab al-Dîn Al-Zuhri a délivré une fatwa en disant que ceci suffisait en ce qui concerne l’acceptation de sa déclaration, bien qu’il l’ait mal formulé, et cela a été écrit.

Ibn Al-Sharīsī a émis une fatwa, ainsi que d’autres, par laquelle ils l’ont sanctionné, et le juge Shāfi’ī a statué qu’il devait être emprisonné. Et il fut ainsi emprisonné à Al-‘Adhrāwiya.

Puis il a été transféré à la citadelle et a ensuite été exonéré de toutes les charges portées à son encontre à l’exception de ce pourquoi il a été emprisonné et qui a causé cette sanction. Les juges restants ont exécuté la sentence.

Par la suite, une transcription de ces évènements a été faite grâce aux écrits des juges et des savants, pour ensuite être envoyée en Egypte. Le décret a été émis au mois de Dhū Al-Hijja pour démettre Ibn Al-Izz de toutes ses fonctions, et donc l’enseignement de Al-‘Izziyya Al-urāniyya a été repris par Sharaf Al-Din Al-Harawi ainsi que Al-Jawhariyya ‘ala al-Qalib al-Akbar. Ibn Al-Izz est resté en détention jusqu’au mois de Rabī’ de l’année suivante. Depuis ce jour, le tawassul a été fait par le rang du Prophète, que les prières et la paix d’Allah soient sur lui, après la prière de l’aube. Le juge Shāfi’ī a ordonné aux mu’adhinīn de le faire et ils l’ont fait.


1 Sa déclaration: «Le nom Al-Safadi ‘est aussi dans le texte original et pourrait être une erreur d’impression. Il était un poète de Damas et nous n’avons pas trouvé de lien entre lui et Safad. Ibn Hajar l’a mentionné de nouveau en arrière-plan dans le même livre et a dit : « ‘Alī Ibn Aybak Ibn Abdoullah Al-Taqṣabāwī Al-Dimashqi’Alā’ Al-Dîn Al-Adib est né en l’an 728 AH et était préoccupé par la littérature. Il a également récité des poésies exquises … Il m’a donné ijaza et mourut en l’an 801 AH ». Il est l’auteur de la célèbre Muwashshah [tn: une forme de poésie postclassique, disposés en strophes]: (Yâ man Haka khaḍḍahu shaqā’iq)

2 (tn) : i.e. Un schéma de rimes basé sur la lettre lâm

Traduit par Mehdi.D pour EcoleHanafite