Il est souvent enseigné dans les livres de jurisprudence qu’il est déconseillé qu’une personne issue d’une naissance faisant suite à un viol, un adultère ou un acte de fornication, assure la direction de la prière. Ceci dit, cette règle est circonstanciée et non pas systématique.

Al Imâm Muhammad Ul Âmîn Ibn ‘Âbidîn Al Husaynî (que La Paix soit sur lui) a dit à propos de la raison de cette règle :

Ceci est dû au fait qu’il n’a [généralement] pas eu de père pour l’élever, le former et lui donner une instruction, et qu’il se trouve ainsi dépourvu de savoir [lui permettant d’assurer l’imamat]. [Radd Ul Muhtâr].

Et Al Imâm Abu-l-‘Abbâs At Tahtâwî (qu’Allâh lui fasse miséricorde) précisa :

[Qu’une personne issue d’une relation intime illicite assure la direction de la prière] est dû au fait qu’il n’a [généralement] pas eu de père pour lui donner une instruction, il se trouve ainsi dépourvu de savoir. Cependant, s’il possède le savoir [nécessaire pour diriger la prière], cela n’est pas déconseillé. [Al Hâshiyah ‘Alâ Marâqîy Il Falâh].

Et s’il est vrai qu’aux époques des auteurs des livres de jurisprudence que nous étudions, une personne issue d’une relation intime illicite était la plupart du temps dépourvue d’une éducation poussée, voir même d’un quelconque cursus scolaire, cet état de fait est désormais révolu dans la plupart des régions de notre époque. C’est ainsi que, souvent, la règle générale concernant ce cas précis n’est plus d’actualité. Et nous louons Allâh pour cela.

Nous conclurons avec les paroles du Muftî Muhammad Ibn Âdam Al Kawtharî (qu’Allâh le bénisse) qui a dit :

Les quelques citations ci-dessus établissent clairement que ce qui se trouve inscrit dans les ouvrages hanafites concernant le fait qu’il est déconseillé de prier derrière une personne née hors-mariage est conditionné à l’ignorant et à celui qui est inapte à respecter les conditions de la prière. Tout ceci fut écrit à une époque où l’ignorance des lois de l’Islâm était généralement plus répandue chez les enfants illégitimes que ceux qui sont nés suite à un mariage légal. Ainsi, malgré le fait d’être né hors-mariage, si une personne possède les caractéristiques nécessaires pour être un imam, alors elle peut être un imam sans aucun problème. Et en réalité, si une personne née hors-mariage est plus vertueuse et plus instruite que d’autres concernant les règles de la prière, alors elle est plus digne de diriger la prière.

Al Imâm Ibn ‘Âbidîn (qu’Allâh lui fasse miséricorde) expliqua dans son Radd Ul Muhtâr, citant en cela le Bahr Ur Râ°iq et Al Ikhtiyâr, que si la cause juridique amenant à la nature détestable de prier derrière une personne née hors-mariage (à savoir l’ignorance) n’est pas présente, comme dans le cas de celui qui est meilleur que celui qui est né d’un mariage légal, la règle sera inversée, c’est-à-dire qu’il sera détestable de prier derrière celui qui est né d’un mariage légal, et non pas [derrière la personne née hors-mariage]. [Daruliftaa.com].

Et Allâh sait mieux ce qu’il en est.

Qu’Allah récompense l’équipe de at-tawhid.net