L’innovation en Islam (Ibnou ‘Âbidîn) :

Dans son livre « Raddou l-Mouhtâri ‘ala d-Dourri l-Moukhtâr », après avoir fait mention de l’innovation interdite, Le Shaykh, l’Imâm Ibnou ‘Âbidîn qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit :

« L’innovation peut être un devoir, comme le fait d’établir les preuves pour répliquer aux gens des groupes égarés et l’apprentissage de la grammaire arabe qui permet de comprendre le Livre (Al-Qour-ân) et la Tradition Prophétique (As-Sounnah) ; elle peut être recommandée comme l’édification des ribât ou des madrassah (école) ainsi que toute œuvre de bienfaisance qui n’avait pas lieu durant la première période de l’Islâm, elle peut être déconseillée comme la décoration excessive des mosquées et elle peut être indifférente comme le fait de multiplier les plaisirs de la table, des boissons et des vêtements ».

Le prophète (صلى الله عليه وسلم) a lui même enseigné qu’une innovation peut être bonne et récompensée par sa parole qui a pour sens : « Celui qui instaure dans l’Islâm une bonne tradition (sounnah) en aura la récompense et l’équivalent de la récompense de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs récompenses ne soient diminuées en rien ; et celui qui instaure dans l’Islâm une mauvaise tradition se chargera de son péché et de l’équivalent du péché de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs péchés ne soient diminués en rien. » (Rapporté par Mouslim).

Quant au hadîth qui comprend les termes « كل بدعة ضلالة » [koullou bid’atin dalâlah], les savants de l’Islâm [voir l’explication de ‘Imam An-Nawawi] ont dit que « كل » [koullou] signifie ici « la plupart », c’est-à-dire que la plupart des innovations mènent à l’égarement.