Conditions de validité :

  1. L’intention (joindre le cœur à la parole) : Elle doit être faite au moment où on tapote ses mains sur l’élément avec lequel on va se purifie.

Les conditions de validité de l’intention sont trois :

  1. Être musulman,
  2. Être doué de raison,
  3. Connaitre la signification de l’intention.

Pour pouvoir prier, il faut avoir eu l’une de ces trois intentions :

  1. Celle de se purifier,
  2. Celle d’accéder à la prière
  3. Celle d’accéder à une servitude qui ne pourrait être accomplie sans purification.

L’intention de faire le tayammum seulement ne donne pas accès à la prière, pas plus que l’intention de réciter du Coran pour une personne qui ne serait pas en état d’impureté majeure. Nous avons vu en effet qu’il est seulement recommandé, mais non obligatoire, de s’ablutionner pour réciter du coran ; ce cas de figure ne peut être classé comme une « purification faite dans l’intention d’accéder à une servitude déterminée qui ne pourrait être accomplie sans elle ». Par contre, le tayammum devient obligatoire, pour réciter ne serait-ce qu’un verset du Coran, pour celui qui est  en état d’impureté majeure. Et dans ce cas, la purification répond à la définition donnée ci-dessus au point 3.

  1. Avoir une excuse valable :
  • Éloignement d’environ 2 km d’un point d’eau, fût-ce en ville,
  • La crainte de la maladie ou de la mort,
  • La peur de l’ennemie,
  • La crainte de manquer d’eau pour boire,
  • N’avoir que l’eau nécessaire pour faire sa pâte à pain (mais non pour cuisiner),
  • Avoir perdu l’instrument qui sert à puiser l’eau,
  • La crainte de manquer une prière funéraire, ou une des prières des fêtes, fût-ce pour attraper la fin de la prière,
  • Après  avoir perdu malgré soi, l’ablution en cours de prière, par contre, la crainte de manquer la prière du vendredi ou les prières quotidiennes n’est pas une excuse valable pour faire le tayammum.
  1. La matière utilisée doit être pure et appartenir à l’élément terre, ce qui est le cas de la terre, des cailloux, du sable mais non du bois, de l’argent ou de l’or.
  2. Il faut frotter les membres sans rien omettre en faisant le tayammum.
  3. Il faut frotter tous les membres avec la totalité ou la majeure partie de la main. Ainsi, se frotter avec deux doigts ne serait pas valable, même en répétant l’opération jusqu’à ce qu’on ai acquis la certitude de n’avoir rien omis des parties à frotter.
  4. Tapoter deux fois la terre de ses paumes de main, fût-ce au même endroit. Toutefois si l’on recevait de la terre [ou de la poussière] sur soi et qu’on s’en frotte avec l’intention [du tayammum], cela dispenserait de tapoter la terre.
  5. Attendre l’interruption de tout ce qui peut empêcher la validité du tayammum, tel que les règles, le sang matriciel ou tout ce qui rompt l’ablution.
  6. Ôter ce qui peut empêcher la terre d’atteindre le membre, tel que la cire ou la graisse.

Quant aux causes rendant le tayammum obligatoire, elles sont identiques à celles des ablutions.

Les piliers du tayammum :

Se frotter les deux mains et le visage [l’ordre prescrit dans le Coran est : le visage, puis les mains].

Les sunnas du tayammum :

  1. Prononcer la formule « Au nom de Dieu » avant de commencer
  2. L’ordre [énoncé dans le Coran est : le visage, puis les bras].
  3. L’enchaînement des gestes sans interruption
  4. Avancer les mains devant soi après les avoir posées sur la terre.
  5. Les reculer
  6. Les tapoter
  7. Écarter les doigts

Il convient de retarder le tayammum pour celui qui peut espérer trouver de l’eau avant la fin du temps de la prière. Quant à celui auquel on a promis de l’eau, il doit le retarder, même s’il craint de dépasser l’heure de la prière (qada). On doit également retarder le tayammum quand on nous a promis de nous apporter des vêtements, une corde [ou un seau] pour puiser l’eau, tant qu’on ne craint pas de dépasser l’heure de la prière.

Faut-il demander de l’eau ?

Il est obligatoire de demander de l’eau jusqu’à une distance de 400 pas (c’est-à-dire environs 400 m) s’il pense que le chemin est sûr, sinon il n’est pas tenu de le faire. [il n’y a plus obligation si sa sécurité est menacée ou si l’eau est à une distance trop grande]. Il faut encore demander de l’eau aux personnes qui sont en notre compagnie, ou aux alentours, sauf si l’on se trouve dans un endroit où les gens ont un besoin extrême en eau, si l’eau n’est pas offerte mais vendue, on ne devra l’acheter que si elle est vendue à son juste prix et que l’on a suffisamment d’argent en sus pour couvrir ses besoins quotidiens.

Que peut-on prier avec le tayammum ?

Avec un seul tayammum, on peut prier autant de prières obligatoires et surérogatoires que l’on désire. Il est également possible de faire le tayammum avant l’heure de la prière. Si la moitié ou la majeure partie du corps est blessée, on procède au tayammum ; et si la majeure partie du corps est saine, on ablutionne les parties saines, tout en frottant légèrement de sa main humide (mash) les parties blessées. Mais en aucun cas on ne mélangera les grandes ablutions (sur une partie du corps) avec le tayammum (sur une autre partie).

Ce qui invalide le tayammum :

  1. Tout ce qui invalide les ablutions
  2. La possibilité de se servir de l’eau en quantité suffisante [approvisionnement en eau, fin de la maladie, départ de l’ennemie, etc].

Statut du blessé n’ayant ni pieds ni mains :

Celui qui n’a ni pieds, ni mains et dont le visage est blessé prie sans s’ablutionner et sans avoir à recommencer sa prière ultérieurement (car il n’a pas les moyens de faire autrement).