Comment rattraper ses prières ?

Celui qui a manqué des prières, il lui est obligatoire de les rattraper dans l’ordre jusqu’à la prière en cours.

Dans quels cas l’ordre des prières que l’on a manquées cesse-t-il d’être obligatoire ?

Dans trois cas :

  1. Quand le temps manque pour, à la fois, rattraper la (ou les) prières passées et prier la prière obligatoire en cours (dans le temps).

  2. L’oubli de ces prières.

  3. Quand on a laissé passer six prières d’affilée, (le witr non compris) ; car même si on est tenu de prier après le ‘ishâ, son omission ne fait pas perdre la qualité de sâhib al-tartîb à la personne ayant toujours prié dans l’ordre. Il n’est pas possible de regagner cette qualité en rattrapant certaines prières passées, afin de ramener le nombre des prières manquées à moins de six, pas plus qu’en en manquant une septième qui serait la « première » d’une nouvelle série de six.

Celui qui accomplit une prière obligatoire (fard), ou le witr et qui se souvient d’une prière manquante, doit interrompre sa prière obligatoire, car elle devient « momentanément invalidée » (fassâdan mawqûfan). S’il accomplit néanmoins cinq prières (après celle qu’il a oubliée), en se souvenant qu’il en a oublié une (après celle qu’il a oubliée), en se souvenant qu’il en a oublié une (mais sans en tenir compte) toutes les prières sont alors valables (y compris celle qui était « momentanément invalidée ») ; et rattraper ensuite la prière manquée n’annule pas dans ce cas les précédentes. Par contre s’il rattrape la prière manquée avant la fin du temps de la cinquième prière, toutes celles qui se situent avant (le moment) où l’on rattrape cette prière (c’est-à-dire les cinq précédentes) perdent leurs statuts de fard et deviennent des prières surérogatoires.

Si l’on a un grand nombre de prières à rattraper, il est nécessaire, lorsqu’on prend l’intention, de préciser pour chacune d’entre elles (laquelle on rattrape). Et si elles sont trop nombreuses, il est possible, afin de faciliter les choses, de formuler l’intention suivante : « (Je prie) le premier dhuhr dû ou le dernier dhuhr dû », par exemple. De même si l’on doit rattraper des jours de Ramadân de deux années différentes. Mais à celui qui s’est converti en territoire non musulmans islamique, on ne tiendra pas rigueur de son ignorance des lois.

Comment attraper une prière en commun ?

Si l’on entame une prière isolément et que la prière en commun est annoncée, on doit interrompre sa prière si elle comporte deux ou trois rak’a (comme celle du fajr et du magreb) et suivre la prière en commun, même si l’on a déjà fait une prosternation.

Mais si, dans une prière (obligatoire) de quatre rak’a, on s’est déjà prosterné (une fois), on ajoute une deuxième rak’a que l’on clôt par une salutation finale (afin qu’elle nous soit comptée comme prière surérogatoire), puis on se joint à la prière (obligatoire accomplie) en commun. Si on a déjà prié trois rak’a, il faut alors compléter la prière puis se joindre à la prière en commun en faisant l’intention de prier une sunna (derrière l’imâm) sauf pour la prière du ‘asr.

Mais si l’on s’est levé pour accomplir la troisième rak’a, et que la prière en commun ait été annoncée avant qu’on ne se soit prosterné (lors de la troisième rak’a), il suffit alors d’interrompre la prière debout d’une salutation (avant de rejoindre la prière en commun).

Si le fidèle accomplit la sunna qui précède la prière du vendredi alors que le prédicateur (khatîb) va monter en chaire, ou s’il accomplit la sunna de la prière du milieu de journée (dhuhr) au moment du second appel à la prière (iqâma), il salue à la fin de la deuxième rak’a, et recommencera cette sunna après l’obligation (fard).

Si l’on arrive dans la mosquée alors que l’imâm est en train de prier la prière en commun, on doit le suivre sans faire de prière surérogatoire, sauf pour la sunna du fajr : mais on ne la priera que si l’on est sûr de ne pas manquer la prière obligatoire en commun ; et sinon, on la négligera.

La prière surérogatoire du fajr ne se rattrape qu’avec l’obligatoire, quand elles ont été manquées toutes deux ensembles. La prière surérogatoire située avant le dhuhr se rattrape dans le temps du dhuhr (après la prière obligatoire), et avant la sunna qui vient normalement après celle-ci.

On ne considère pas qu’en ayant accompli une seule rak’a (d’une prière obligatoire) derrière l’imâm, on ait effectué la prière en commun ; on a simplement, dans ce cas participé au mérite (fadl) de la prière. Les juristes divergent sur le cas du fidèle qui aurait atttrapé trois rak’a (a-t-il oui ou non effectué la prière en commun ?)

On ne prie pas de sunna avant les prières obligatoires lorsque l’on craint de sortir du temps de la prière (obligatoire). Celui qui entre en prière alors que l’imâm est incliné, et qui marque un temps d’arrêt (waqafa) [dans la station debout, sans s’incliner] avant que l’imâm ne se soit relevé de la prosternation, devra rattraper la rak’a.

Celui qui s’incline avant son imâm, alors que ce dernier a eu le temps de lire le minimum nécessaire à la validité de la prière, ne verra sa rak’a comptée comme valable qu’à la condition que [l’imâm s’inclinant à son tour], le fidèle se trouve associé à l’imâm dans son inclinaison.

Il est déconseillé de sortir d’une mosquée dans laquelle l’appel à la prière vient d’être fait sans y accomplir la prière, sauf si on est attendu dans une autre mosquée, en tant qu’imâm ou muezzin.

Il est possible de sortir de la mosquée en avant accompli seul la prière obligatoire [aussitôt après l’appel à la prière], sans encourir de blâme ; mais si la prière en commun du dhuhr ou du ‘ishâ est annoncée avant qu’on ne sorte, on doit alors se placer derrière l’imâm en faisant l’intention d’accomplir une sunna.

Enfin, on ne refait jamais une prière obligatoire que l’on a déjà accomplie.