L’appel à la prière :

Statut de l’appel à la prière (Adhan) et l’Iqama :

L’appel à la prière et l’iqâma sont des sunna fortement recommandées (sunna mou`akkada) pour les prières obligatoires, accomplies isolément ou en groupe, qu’il s’agisse d’une prière accomplie en son temps (ada `) ou en retard (qada `) ou dues, qu’on soit en voyage ou sédentaire.
L’appel à la prière et l’iqâma sont déconseillées pour les femmes.

Contenu de l’appel à la prière et l’Iqama :

On commence l’appel à la prière en disant quatre fois : “Dieu est le plus Grand” (Allahu Akbar -الله أَكْبَر) puis deux fois : “J’atteste qu’il n’est de dieu que Dieu” puis deux fois (Ashadu an lâ ilâha illâ Llâh – اشهد ان لا اله الا الله) : “J’atteste que Mouhammad est l’Envoyé de Dieu” (ash’hadu ānna mūḥammad ār-rasūlu-l-lāh – اشهد ان محمد رسول الله) puis deux fois : “Accourez à la prière” (ḥayyā ʿalā-ṣ-ṣalāt – حي على الصلاة) puis deux fois : “Accourez à la réussite” (ḥayyā ʿalā-l-falāḥ – حي على الفلاح) et on le termine par la formule “Dieu est le plus grand” (Allahu Akbar -الله أَكْبَر) redoublée comme toutes les formules précédentes, et enfin par “Il n’y a de dieu que Dieu” (lâ ilâha illâ Llâh – لا اله الا الله). On ne baissera pas la voix pour refaire la double attestation de foi [si l’on est muezzin].

L’iqâma est identique à l’adhân, si ce n’est qu’on ajoute [deux fois] après la formule “Accourez à la réussite” cette autre formule : “La prière est déjà commencée” et on ajoute au même endroit pour l’adhân de la prière de l’aube : “La prière est meilleure que le sommeil” (deux fois).

[Le muezzin] prononcera l’appel à la prière lentement [en observant un petit temps d’arrêt entre chaque formule], mais il récitera l’iqâma rapidement.
Il n’est pas permis de faire l’adhân [ou l’iqâma] en une langue étrangère même si l’appel à la prière est reconnaissable.
Il est recommandé que le muezzin soit :

  • Un homme pieux.
  • Connaissant la sounna.
  • Connaissant les horaires de prière.
  • Qu’il soit ablutionné.
  • Tourné face à la qibla sauf s’il est à cheval.
  • Qu’il place ses deux doigts dans les oreilles.
  • Qu’il tourne le visage à droite lorsqu’il prononce le mot prière (salât) puis
  • à gauche lorsqu’il prononce le mot réussite (falâh).
  • Qu’il fasse le tour dans le minaret [afin que sa voix porte dans toute les directions].
  • Qu’il sépare l’appel à la prière de l’iqâma d’un temps suffisamment long pour permettre aux habitués d’arriver à la mosquée, tout en ne dépassant pas cependant le temps conseillé ; pour la prière du maghrîb, le temps [écoulé entre l’adhân et l’iqâma] devra être celui de lire trois petits versets du Qû `rân, ou d’effectuer trois pas. Après l’appel à la prière on peut ajouter ces mots : “La prière, la prière, ô vous qui priez.”

Ce qui est déconseillé en matière d’adhan :

  1. De chanter en faisant l’appel à la prière [au point d’en tordre les mots et d’en déformer le sens ; mais il n’est pas déconseillé d’embellir sa voix].
  2. De faire l’iqâma en état d’impureté.
  3. ainsi que l’adhân.
  4. D’effectuer l’appel à la prière en état d’impureté majeure.
  5. De laisser faire l’adhân par un enfant qui n’a pas atteint l’âge de raison,
  6. ou par un fou,
  7. ou par un ivrogne,
  8. ou par une femme,
  9. ou par une personne corrompue,
  10. ou de le faire assis.
  11. Il est de plus déconseillé de parler entre les formules de l’appel à la prière,
  12. où de l’iqâma.

Il est en revanche recommandé de répéter l’appel à la prière mais non pas l’iqâma.
Il est déconseillé de faire l’appel à la prière et l’iqâma du dhuhr le vendredi en ville [à cause de la prière en commun].

Faut-il faire l’adhan et l’iqama pour les prières accomplie après leurs temps ?

On fait l’appel à la prière et l’iqâma même pour une prière accomplie en retard. [Si on rattrape plusieurs], on fait l’adhân et l’iqâma pour la prière d’entre elles, et [l’iqâma avant chaque prière suivante] et il est déconseillé de le délaisser mais non l’appel à la prière, à condition toutefois qu’on les rattrape toutes au même moment.

Ce que doit dire celui qui entend l’appel à la prière :

Celui qui entend un appel à la prière conforme à la sounna, doit alors s’abstenir de parler et répéter les formules après le muezzin, sauf après les formules “accourez à la prière”, “accourez à la réussite” où il dira : “Il n’est point de puissance et de force que par Dieu” ; lors de l’adhân du fajr, lorsque le muezzin dit : “La prière est meilleure que le sommeil” il répondra : “Tu dis la vérité et tu es sincère”.
Ensuite, il fait l’invocation dite de demande d’intercession du Prophète : “Mon Dieu, Seigneur de cette invocation parfaite et de cette prière sur le point de s’accomplir, accorde à notre Prophète Mouhammad l’intercession et la grâce, et accorde-lui la station glorieuse que Tu lui as promise car Tu ne failles pas à Ta promesse.”