Le qirân ou le pèlerinage “conjoint” à la ‘umra

Ce mode de pèlerinage consiste à accomplir la ‘umra puis le pèlerinage sous une seule prise d’ihrâm, [que cet ihrâm soit réel ou statutaire, hukmî]. Après les deux rak’a qui précèdent la prise d’ihrâm le pèlerin dira : “Mon Dieu, j’ai l’intention d’accomplir la ‘umra et le hajj, facilite-les moi et accepte-les moi.” puis il prononce la talbiya.

Le qirân est préférable au pèlerinage accompli seul sans ‘umra (hajj al-mufrif). La différence réside dans le fait que, dans le cas du qirân, les deux rîtes sont accomplis sous un même ihrâm et sans séparation, alors que pour l’ifrâd, le pèlerin renouvelle l’ihrâm pour chacun des rites.

 

Les conditions qui président au qirân

Elles sont au nombre de sept :

1- Se mettre en état de consécration pour le pèlerinage avant d’accomplir le tawâf de la ‘umra ou la majeure partie de celui-ci ; on peut encore formuler l’intention de faire le qirân lors du troisième tour de tawâf de la ‘umra.

2- Se mettre en état de consécration pour le hajj avant d’avoir invalidé sa ‘umr, [si tel était le cas, après avoir eu des rapports sexuels par exemple].

3- Avoir fait le tawâf de la ‘umra, ou au moins la majeure partie de celui-ci, soit quatre tours, avant la station de ‘Arafat.

4- Avoir accompli le tawâf de ‘umra pendant la période du pèlerinage.

5- Ne pas invalider le hajj ni la ‘umra.

6- Ne pas être mecquois. les Mecquois qui veulent faire le qirân doivent sortir de La Mecque avant les mois du pèlerinage pour se mettre en état de consécration.

7- Ne pas manquer le pèlerinage.

 

Comment accomplir le qirân

Lorsqu’il rentre à la Mecque, le pèlerin commence par faire le tawâf de la ‘umra, c’est-à-dire les sept tournées rituelles autour de la Ka’ba ; les trois premières doivent être accomplies en trottinant ; puis il prie les deux rak’a consécutives au tawâf et se dirige sur Safâ et Marwa où il effectue sept fois le parcours en commençant par Safâ et en terminant par Marwa, mais il ne se rase pas la tête et ne se coupe pas les cheveux. Une fois sa ‘umra terminée, il commence son pèlerinage en accomplissant le tawâf d’arrivée (tawâf al-qudûm) qu’il fait suivre des deux rak’a consécutives aux tournées rituelles, puis il accomplit le parcours entre Safâ et Marwa. Il accomplira ensuite tous les rites du pèlerinage tels qu’ils ont été précédemment mentionnées.

Le jour du sacrifice, le 10, après avoir lapidé la stèle de la ‘Aqaba, il sacrifie une bête. Ce sacrifice est obligatoire pour le qârin qui peut offrir une brebis ou un chameau ou le septième d’un chameau. Il distribue la bête sacrifiée en aumône pour remercier Dieu – exalté soit-il- de lui avoir permis l’accomplissement de ces deux rites : le hajj et la ‘umra.

S’il n’a pas les moyens d’immoler une bête, il devra jeûner dix jours : trois avant le jour du sacrifice [le 10] puis sept après avoir terminé le pèlerinage, même s’il se trouve encore à La Mecque. Il pourra également jeûner ces sept de retour chez lui, consécutivement ou séparément. S’il n’a pas jeûné les trois jours avant l’échéance du jour de la fête, il n’aura plus d’autre choix que de sacrifier un animal. Et s’il n’a pas de quoi le faire, il pourra se défaire de sa consécration mais sera alors redevable de deux bêtes sacrificielles, l’une pour se désacraliser et l’autre pour la faute commise.