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La Kaaba entourée des quatre maqams représentant les écoles de fiqh sunnite. Détruits par les Wahhabites/Salafistes en 1917

Durant les Califats bénis des compagnons, il y avait dans chaque grande ville Musulmane des compagnons du Prophète (que Le Salut et La Paix d’Allâh soient sur lui) qui y enseignaient. En général, ils se trouvaient à Medine, à la Mecque, à Koûfa et à Bassora. Chaque compagnon avait une méthodologie et des avis qui pouvaient être différents des autres (notamment du fait du contexte dans lequel ils se trouvaient) et ce sont justement les enseignements des compagnons avec leurs méthodologies respectives qui donnèrent naissance aux écoles juridiques.

La propagation rapide de l’islam dans les diverses régions conquises ont favorisé l’émergence de sectes et d’idéologies nouvelles inspirées des cultures et croyances locales. Dès lors, il a fallu apporter un cadre avec des règles strictes et des méthodologies conformes au risque de voir les musulmans récemment convertis être trompés par ces courants nouveaux. C’est dans ce contexte que naquirent les écoles juridiques fondées par les héritiers du savoir des compagnons. Ces écoles ont su apporter un cadre au monde musulman et éviter l’anarchie causée par le manque de règles strictes. Il y avait pour ainsi dire une dizaine d’écoles mais seulement quatre ont survécu, à savoir les écoles Hanafite, Malikite, Shafi’ite et Hanbalite.

Les autres écoles ont fini par disparaître pour diverses raisons : Écoles peu adaptées aux contextes, trop sévères, ou tout simplement par manque de suiveurs. Les quatre écoles ont fini par être reconnues à l’unanimité par la Oumma et recevront le consensus des savants de l’Islam, elles seront toujours suivies, de l’époque des Salâf jusqu’à la nôtre. (A noter qu’Allah a promis à son Prophète que sa communauté ne se mettra jamais d’accord sur un égarement).

Le Coran et la Sunna sont les bases et les premiers fondements de ces écoles, or les sujets nouveaux et non traités par la révélation seront abordés de manière différente à travers l’utilisation des autres fondements (Qiyas, Ijma’ …). Ainsi, pour avoir recours à l’ijtihad (l’effort intellectuel) les savants des quatre écoles peuvent utiliser des méthodologies différentes dans leur manière d’étudier les textes.

Cette manière de travailler est d’ailleurs celle enseignée par le Prophète (saw) dans le hadith suivant :

Le Prophète (que Le Salut et La Paix d’Allâh soient sur lui) : « Selon quoi jugeras-tu lorsque le besoin s’en présentera ? – Selon le Livre de Dieu, avait répondu Mu’âdh. – Et si tu ne trouves pas (de solution explicite) dans le Livre de Dieu ? – Je jugerai alors selon les Hadîths du Messager de Dieu, avait répondu Mu’âdh. – Et si tu ne trouves pas (de solution explicite) dans les Hadîths du Messager de Dieu ? – Je ne manquerai alors pas de faire un effort de réflexion (ijtihâd) pour formuler mon opinion, avait répondu Mu’âdh. » Sur quoi le Prophète avait manifesté son approbation en ces termes : « Louange à Dieu qui a guidé le messager du Messager de Dieu vers ce qu’agrée le Messager de Dieu » (rapporté par at-Tirmidhî et Abû Dâoûd).